Revue Sainte Anne Avril 2017

lundi, 10 avril 2017.


Éditorial par Richard L' Archer

Voici notre mission

Commençons par rappeler la définition du mot vocation. Il vient du latin vocare qui signifie appeler. Dans le contexte de foi, une vocation est donc l’appel qu’une personne reçoit de Dieu. Nous avons longtemps attribué ce mot vocation au sacerdoce et à la vie religieuse. Sans vouloir banaliser ce genre de vie, nous reconnaissons, aujourd’hui, que le sens du mot vocation est plus large. Il englobe tout appel venu de Dieu.
Lorsque nous choisissons une personne pour être un ami, un conjoint, une conjointe ou un coéquipier, nous nous appuyons trop souvent de critères extérieurs pour ne pas dire superficiels. Nous les choisissons parce que leur image ou leur compétence répond à ce que nous désirons.
Dieu, lui, nous choisit dès le sein de notre mère pour remplir une mission sur la terre qui est particulière à chacun d'entre nous. Deux prêtres ne rempliront pas exactement la même mission. De même pour la vocation de parents, d’époux et épouses, d’éducateur et ainsi de suite.
Le plus merveilleux est de penser que Dieu nous choisit dès le sein de notre mère sachant très bien ce que nous deviendrons, quel véhicule de foi nous serons appelés à conduire au long de notre vie. Malgré nos blessures, nos joies et nos peines, nos défauts et nos caractères parfois rustiques, il nous fait confiance et il sait ce qui nous convient le mieux.
Selon notre enfance, la société qui nous voit grandir et le millénaire qui apporte sa culture faisant éclater nos blessures et nos limites, il travaille sans cesse pour nous rendre aptes à remplir notre vocation.
Notre père du ciel et son Fils ne nous demandent jamais quelque chose que nous ne pouvons pas réaliser: «Ma grâce te suffit», dit Jésus. Ils ne brassent pas notre cage, ils ne nous semoncent pas, ils nous aiment.
Ils nous invitent à dépasser nos limites humaines qui pourraient freiner notre capacité d’amour. Ils nous aiment, aimons à notre tour. Telle est notre plus belle, notre plus profonde vocation, en ce 3e millénaire.
 


Humainement parlant par Lucie Ricard

Sainte-Anne d’ailleurs

Tous les deux mois nous vous présenterons une Sainte-Anne d’ailleurs. Nous commençons, ce mois-ci, avec une petite voisine pas trop éloignée de Sainte-Anne-de-Beaupré

Sainte-Anne-de-la-Pérade est une municipalité du Québec dans la région administrative de la Mauricie, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. La ville est située près de l’embouchure de la rivière Sainte-Anne, le long du Chemin du Roy qui relie Montréal et Québec. Il s’agit d’un segment historique de la Route 138 qui longe toute la rive nord du fleuve.

Sainte-Anne-de-la-Pérade s’avère la capitale mondiale de la pêche au poulamon, connu ici sous le nom de petit poisson des chenaux, qui se pratique sur la rivière gelée. La saison de pêche dure généralement de la fin décembre à la fin-février et, chaque hiver, des milliers de touristes y viennent pour vivre l’expérience de pêcher sur glace. Un village temporaire constitué de cabanes de pêcheurs est construit sur les eaux gelées de la rivière Sainte-Anne qui traverse la ville.

La pièce maîtresse de la municipalité est l’église Sainte-Anne-de-la-Pérade, une église catholique près des rives de la rivière, bâtie sur le modèle de la basilique Notre-Dame de Montréal.

En décembre 1852, M. Louis-Adolphe Dupuis, 17e curé de la paroisse, décidait, lors d’une assemblée de la Fabrique, de consacrer tout l’argent des coffres à la construction d’une nouvelle église. Le contrat ne fut officiellement signé que le 31 mai 1855 pour la somme de 6 300 louis.

Les plans de cette nouvelle église avaient été conçus par l’architecte montréalais Casimir Coursolles, et furent inspirés de l’église Notre-Dame de Montréal. Elle fut construite sur un terrain donné à la Fabrique par des citoyens.

Les travaux de construction s’échelonnèrent sur 14 ans, pendant lesquels on a transporté les pierres de taille de Deschambault à Sainte-Anne par des corvées. Le 29 juillet 1856, Mgr Cooke posa la première pierre et bénit la pierre angulaire. Mgr Louis-François Richer-Laflèche, évêque de Trois-Rivières, procéda à la bénédiction solennelle de l’église le 26 août 1869.

Dimensions

La profondeur..............................................................153 pieds
Du plancher au sommet de la voûte................................. 54 pieds
Les clochers.................................................................110 pieds
Le parterre...........................................................104 x 83 pieds
La capacité d’accueil: 972 personnes assises, sans compter le jubé.

Style

L’église de Sainte-Anne s’apparente au style gothique: arcs ogivaux qui expriment la verticalité et la hauteur; aspect léger de l’architecture générale et éclairage abondant des grandes fenêtres qui accroissent l’impression d’un lieu de culte agréable et vivant. Les rosaces et les deux clochers viennent confirmer l’appartenance à ce style qui offre à l’église Sainte-Anne toute la magnificence des grandes cathédrales.

Les verrières

En 1877, on fit venir des vitraux de couleurs de la France. Les paroissiens en défrayèrent les coûts au montant de 500 dollars et en firent don à la Fabrique. Les vitraux sont disposés tout autour de l’église et le nom de chaque donateur y est inscrit.

Les statues

Au-dessus du grand portique, une statue de sainte Anne se dresse à 96 pieds du sol. Elle fut sculptée par un italien, J.B. Salla, dans un bloc de granit tiré d’une carrière de Saint-Marc. Sainte Anne mesure 8 pieds de hauteur et Marie 4 pieds. Le véritable trésor de l’église est la statue de sainte Anne qui s’élève tout près du chœur. Ce chef-d’œuvre inestimable fut sculpté à Gand, en Belgique, par un artiste du nom de Mathias Zens. Elle est totalement fabriquée de chêne de Belgique. C’est une merveille de précision, tant dans le mouvement naturel et l’ampleur de l’étoffe que dans la densité des minuscules traits de peinture, qui lui confèrent cette splendeur esthétique malgré les nombreuses années. On peut affirmer, sans conteste, que cette statue est unique au monde.


Zoom sur la basilique par Richard L'Archer i.e. Dei

Quand l’Esprit passe, il peut y avoir des larmes…

J’étais assis là, priant dans le chœur de la Basilique Sainte Anne. J’étais étudiant en préparation au sacerdoce et, lui de même. Qui, lui? Un étudiant rédemptoriste  américain, en dernière année de formation. Comme moi, il priait en silence et tout d’un coup il se mit à pleurer à chaudes larmes. Je me suis tourné vers lui mais il devait vivre ce qu’il vivait et je devais le laisser pleurer. La crise finit par passer et pendant l’Eucharistie qui suivit, il sortit un mouchoir à quelques reprises pour s’essuyer les yeux. (...)


Église vivante par Robert Lalonde

Journal de mission 

Ce jour-là, à Butare au Rwanda, j’avais rendez-vous avec un groupe plutôt hétéroclite: des veuves, des hommes mariés, un couple… et Benjamin, un jeune homme de 27 ans, ayant connu la formation de l'Institut de formation humaine intégrale de Montréal(IFHIM) par l’entremise de Gustave, son enseignant au secondaire.

Il se sentait seul et ne savait plus quoi faire pour s’en sortir. En entendant parler Gustave d’expériences qui construisent la personne, de l’importance d’aller vers les autres, les écouter et les soutenir dans leurs difficultés, il a perçu chez lui beaucoup d’humanité. Intrigué par son discours, il a vérifié s’il le mettait en pratique en lui racontant ses problèmes. C’est ainsi que Gustave a guidé Benjamin vers la formation de constructeur de ponts de paix où ce dernier a raconté sa vie. (...)


Notre Terre Notre Foi par Norman Lévesque

Appelés à cultiver et garder la Terre

«Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne.» — Pape François (Laudato Si', paragraphe217)

Lorsque le pape François parle d’écologie dans sa lettre encyclique Laudato Si', il la situe comme une vocation. Selon lui, Dieu nous appelle à prendre soin de sa Création, maintenant plus que jamais. Sommes-nous suffisamment à l’écoute des signes de la terre? Fonte des glaciers, pollution de certaines rivières, érosion des côtes, tempêtes plus fréquentes, périodes de migration décalées. C’est intéressant de remarquer que lorsqu’une oreille écoute la terre, l’autre oreille entend l’appel que Dieu nous donne d’en prendre soin.


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