Revue Sainte Anne Mai 2017

mardi, 02 mai 2017.


Éditorial par Richard L' Archer, i.v. Dei

L’amour n’est pas fatigant, mais il est exigeant.

Certains ont le pouce vert, d’autres ont le pied marin, notre rédactrice en chef, elle, a un œil de lynx pour tout ce qui concerne la rédaction. Aussi, le plus souvent, c’est elle qui nous propose des thèmes plus extraordinaires les uns des autres. Moi qui suis un aidant naturel depuis près de 40 ans, si j’avais moi-même choisi ce thème, on aurait cru que je voulais vanter mon apport auprès des personnes malades; je n'ai eu qu'à manifester mon accord quand le thème me fut présenté. Il est très évangélique.

Eh oui, vous avez bien lu. Dans les quarante dernières années, Dieu a mis sur ma route des personnes pour qui je fus un instrument de vie et de réconfort. Mais attention, Dieu les a mis aussi sur ma route, pour qu’ils soient, l’un après l’autre, des instruments pour ma croissance humaine et spirituelle.

J’ai aidé des gens à se nourrir et je continue de le faire. J’ai donné et donne encore le bain ou la douche. Une personne qui ne distinguait plus le jour de la nuit me téléphonait aux dix minutes, douze à quinze fois par nuit... En tout cela, Dieu donne la grâce de façon abondante et le plus souvent, de façon surabondante.

Un jour, une religieuse me dit: «Allez-vous voir le frère Jean, ce soir?» Oui, comme à tous les soirs, lui répondis-je. «Mais ce doit être fatigant!» À cela je lui ai dit: «Ma sœur, l’amitié, c’est exigeant, mais jamais fatigant. Oui, l’amitié et l’amour exigent. Un amour qui n’a pas d’exigence n’est pas vraiment de l’amour. Est-ce que servir Jésus serait fatigant, non, mais je sais par expérience que servir Jésus, c’est très exigeant. Et, inversement, Jésus nous a aimé jusqu’au bout de l’exigence, la croix.


Journal de mission par Robert Lalonde

Dans le présent numéro: Des jeunes leaders construisent la paix en République démocratique du Congo (RDC).

Une armée de constructeurs de ponts de paix

Deux ans seulement s’étaient écoulés entre le retour du père Montfortain Jean Trésor de sa formation à l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM) et mon arrivée à Kisangani, en RDC. Pourtant, il avait eu le temps de tisser des liens solides avec une quinzaine de jeunes adultes que j’avais rencontrés lors de mon arrivée et de semer les premières graines de la formation de constructeurs de ponts de paix à l’école St-James. Il avait également entrepris quelques mois auparavant, cette même formation à la paix avec les 200 étudiants du secondaire que j’ai rencontrés à l’école St-Paul, là où je me suis rendu en sa compagnie.

À notre arrivée, les étudiants étaient tous rassemblés devant leur classe respective en attendant impatiemment les directives de leurs professeurs pour entonner un chant de bienvenue. Lorsque le directeur des études eut terminé de m’expliquer la structure scolaire et le déroulement de la rencontre, d’un geste de la main, il a fait signe aux enseignants d’entamer le chant. C’était absolument cacophonique, mais tellement sympathique! Un délice au naturel. Après ce chaleureux moment de bienvenue, nous nous sommes dirigés vers l’église où devait avoir lieu notre rencontre.

Après la prestation d’une vingtaine de minutes d’une bande de jeunes musiciens, Jean Trésor a pris la parole pour questionner les étudiants sur les principes de base d’un constructeur de ponts de paix. À main levée, ils répondaient aux questions de leur formateur. Ensuite, Jean Trésor a présenté l’invité du Canada, votre humble narrateur.

L’élection du président

À la suite d’un bref exposé sur les raisons de ma visite, j’ai interpellé les étudiants afin de connaître les motifs qui les avaient guidés pour élire leur président d’école, ainsi que les attentes qu’ils nourrissaient à son égard. Il faut savoir que chaque année, les étudiants du secondaire de l’école St-Paul procèdent à l’élection d’un gouvernement scolaire, formé d’un président, d’un vice-président, de quelques ministres, dont un premier ministre, en plus d’une vingtaine de députés, et ce pour un mandat d’une année. Je souhaitais ainsi faire découvrir au président les forces vitales humaines que ses collègues avaient identifiées chez lui. Ayant observé attentivement la situation pendant la prestation des musiciens, je savais que leur président était assis à la gauche de la salle, en compagnie de tous ses acolytes. 

«Notre président sait comment régler un conflit. L’année dernière, il a séparé deux étudiants qui se battaient. Ensuite, il a évité leur expulsion de l’école en intervenant auprès du préfet de discipline. Puis, il a convaincu les étudiants fautifs de ne pas recommencer.»
«J’ai voté pour notre président parce que je sais qu’il sera comme un grand frère pour les plus jeunes et qu’il leur donnera l’exemple.»  
«C’était un choix facile pour moi, parce que c’est lui qui connaît le mieux les règlements de l’école.»
«Notre président doit donner l’exemple par ses résultats scolaires. Il n’aura pas de difficulté, car il est intelligent.»
«J’aimerais que le président nous encourage dans les sports et qu’il veille à améliorer nos équipements.»
«Notre président a la confiance de notre directeur, car pendant la période d’examens du secondaire1, il a agi comme surveillant.»

Et quelques autres commentaires qui allaient de sa tenue vestimentaire à sa capacité d’écoute et de la politesse à la bonne humeur.

Un allié de taille

Une fois ces interventions terminées, le président est monté sur scène à mes côtés. D’entrée de jeu, j’ai remarqué son assurance. La droiture de sa démarche et son regard franc confirmaient sa capacité de meneur. Mon objectif était de savoir s’il se reconnaissait lui-même comme un leader. Pour y arriver, j’ai décidé de lui demander s’il avait bien saisi la perception de ses collègues à son égard, et les attentes que ces derniers lui avaient manifestées.

Il m’a résumé le tout avec une telle précision qu’il était facile de déceler chez lui sa capacité d’attention. Je lui alors demandé de m’expliquer comment il allait s’y prendre pour combler les attentes de ses collègues: «Toutes ces attentes à mon égard sont bien légitimes et je suis flatté de la confiance qu’on me témoigne. Cependant, jamais je ne pourrai suffire seul à la tâche», m’a-t-il répondu presque du tac au tac. Comment allait-il s’y prendre alors? «Je suis entouré d’une équipe et je compte bien me servir des forces de chacun. Par exemple, pour la question des sports, je consulterai mon ministre des sports.»

Et quand je lui ai proposé de conclure ma visite par une photo, sans hésiter il a appelé son équipe à se joindre à nous. Avec un tel leader, me suis-je alors dit, Jean Trésor aura certes un allié de taille pour fournir à cette école une armée de constructeurs de ponts de paix.


Notre Terre, notre Foi Par Norman Lévesque

Aime les créatures, aime ton prochain, aime Dieu

L’un des premiers apprentissages que l’on retient en catéchèse est le grand commandement de Jésus: «Aime Dieu et aime ton prochain» (Matthieu22, 34-40). Dans les évangiles, il n’y a pas de mention explicite où Jésus nous invite à aimer la Création et les créatures qui nous entourent.

Pourtant nous savons que «Dieu a tant aimé le monde - le cosmos, l’environnement-  qu’il a donné son fils unique» (Jean3, 16). Dieu aime même les créatures que nous dévalorisons: «Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous? Pourtant pas un d’entre eux n’est oublié de Dieu.»(Luc12, 6) (...)


Billet par Jean-Marie Brochu, ptre.

CREVAISON ET PARDON

Je ressens toujours beaucoup de sympathie pour les pauvres automobilistes victimes de crevaison et qui doivent s’immobiliser le long d’une route très fréquentée pour changer un pneu, avec tous les dangers que ça représente.

Mais, que voulez-vous, si vous voulez vous rendre à destination il faut bien prendre son courage à deux mains et procéder à la fameuse transplantation; même s’il pleut, même si vous êtes endimanché. On ne peut pas rouler sur trois roues seulement. (...)



Capsule biblique par Richard L' Archer, i.v. Dei

ET DIEU DEVINT MISÉRICORDE 

Introduction et récapitulation

Nous en sommes à la sixième capsule biblique et nous avons fait beaucoup de chemin. Dès la première, nous avons constaté que Dieu nous a créés pour partager son débordement de joie. Pour que nous puissions accueillir cette joie qui est la sienne, il nous a faits à son image et à sa ressemblance. Il a donné une force extérieure à Adam qui lui permet de conquérir, tandis que la force d’Ève est intérieure : elle reçoit et donne la vie. Tous les deux sont nus dans le jardin et n’en ont pas honte, marquant ainsi leur parfaite transparence entre eux, face à Dieu et à toute la création. Cette transparence permet à Adam de lire parfaitement dans le cœur d’Ève et vice versa. Cette possible lecture dans le cœur de Dieu et de l’autre leur donne le sentiment d’invulnérabilité et, par le fait même, personne n’est menaçant pour l’autre. Et malgré notre désobéissance à tous, Dieu se montre un père compatissant. (...)


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