Revue Sainte Anne Septembre 2017

vendredi, 08 septembre 2017.


Éditorial par Lucie Ricard, Rédactrice en chef

120 ans!

Ouf! 120 ans… Il est difficile, pour moi, de bien mesurer la période couverte par ces 12 décennies, moi qui, pour toute ma vie, n’en cumule pas encore cinq. 120 ans, c’est plus qu’une vie moyenne; c’est plus d’un siècle de changements industriels, technologiques, culturels… c’est deux grandes guerres mondiales, c’est une guerre ad Vietnam aeternam, c’est l’horreur de l’holocauste, le naufrage du Titanic, un génocide impardonnable en Afrique; c’est la montée et la chute de la musique sur vinyle et l’arrivée de la musique numérique, l’apogée et la décroissance de la photographie sur papier, c’est la naissance et la quasi-disparition du téléphone par fil. Ces 120 ans ont vu arriver l’écran de télévision, puis la couleur, puis la cure minceur de l’appareil, la multiplication des canaux, l’avènement du câble analogique, puis du satellite et enfin de la fibre optique.

Ces derniers 120 ans ont vu l’exploration spatiale, le débarquement sur la lune, l’exploration de mars par un robot inlassable. 120 ans c’est la disparition estimée de plus de 500 espèces animales, 375 végétales et la découverte d’environ 400 nouvelles espèces d’insectes, poissons, plantes et petits mammifères. 120 ans, c’est l’arrivée du moteur automobile électrique, l’énergie éolienne, solaire et nucléaire et le recul des énergies fossiles.

Oh oui il s’en est passé des choses en 120 ans, mais une chose qui n’a pas changée, c’est la présence rédemptoriste aux rennes de la Revue Sainte Anne. Cela fait presque un siècle et quart que la congrégation supporte, soutient et assure la diffusion de votre magazine catholique. Bien sûr, l’apparence a bien changé au fil des ans, les collaborateurs se sont succédé, les sujets se sont adaptés, ainsi que le ton, les images, les thèmes; mais une chose est demeurée : la mission de nourrir votre foi et de vous accompagner à travers les divers moments de la vie. Depuis 120 ans, la congrégation du très saint rédempteur se dévoue à cette mission fondée sur un ministère d’espérance. 

La Revue Sainte Anne est la publication religieuse la plus ancienne au Québec, fondée en 1873 par l’abbé Nazaire Alphonse Leclerc. Depuis, le périodique est passé entre plusieurs mains, pour finalement être confié aux rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré en 1897. Avec les années, le nom a changé pour devenir Revue Sainte Anne, la parution a bénéficié de tous les progrès technologiques de l’imprimerie et de l’informatique, mais a toujours poursuivi le même but : être au service des familles pour soutenir la vie chrétienne et promouvoir la dévotion à sainte Anne.

Avec plus de 35 000 abonnés, votre Revue Sainte Anne se veut encore un outil privilégié d’évangélisation pour la croissance humaine et spirituelle des individus et des familles et elle s’adresse à toute personne qui souhaite mieux connaître sa foi catholique afin de mieux la nommer et de mieux la vivre.

Bonne lecture de VOTRE revue,



Maturité spirituelle par Jean-Paul Simard

Les Rédemptoristes, des semeurs d’espérance

Des semeurs d’espérance! Tels sont les Rédemptoristes. Une communauté qui rayonne à travers le monde et qui a marqué l’histoire à travers ses œuvres et sa spiritualité. Une communauté connue, au Québec, à travers la traditionnelle dévotion envers la « bonne Sainte Anne ».

Qui sont les Rédemptoristes? Le premier souvenir que je conserve d’eux remonte à mon enfance. J’étais servant de messe dans ma paroisse et chaque année un père rédemptoriste, fils du milieu, venait se replonger dans l’atmosphère familiale. Pour le petit village où j’habitais, c’était un événement. On se pressait à l’église pour voir cette « visite rare », comme on disait familièrement à l’époque. Et pour cause!

Au physique, c’était un religieux imposant, corpulent, à la voix grave et forte. Nous étions impressionnés de l’entendre prêcher. Mais à travers le personnage, c’était l’image de la communauté tout entière qui filtrait. Pour nous, les rédemptoristes, c’était d’abord ça. Quelque chose d’impressionnant qui venait de Sainte-Anne-de-Beaupré et qui était associé au culte vénérable de la « bonne Sainte-Anne ».

Certes, cette image réduite de la communauté, identifiée à la seule province canonique de Sainte Anne de Beaupré, voilait passablement le rayonnement planétaire de la communauté, avec ses six mille rédemptoristes appuyés par des laïcs, dans plus de soixante-quinze pays. C’est à travers ces personnes que se poursuit l’œuvre de Saint Alphonse de Liguori, qui fonda la communauté en Italie en 1732.

Qu’est-ce qu’un rédemptoriste? Il faudrait des pages entières pour en parler. Mais la meilleure façon de le faire est d’évoquer la spiritualité qui caractérise les Rédemptoristes. Une spiritualité directement reliée au mystère de la Rédemption du Christ : sa naissance, sa passion, sa mort et sa résurrection. Une spiritualité qui reflète la mission de Jésus : le salut du monde. De cette spiritualité découle le charisme de la communauté, c’est-à-dire ce qui en fait sa spécificité pastorale. À travers leur vie et leur action, les Rédemptoristes recherchent une seule chose : annoncer, par une prédication vivante et adaptée, que la résurrection du Christ nous apporte une espérance nouvelle et donne un sens à notre existence.

On remarque qu’à la base de la vie rédemptoriste, se profile un grand besoin de donner et de se donner par une diversité d’actions pastorales au service des autres. Le rédemptoriste est habité par le désir sincère de consacrer son savoir-faire, ses talents et son temps au service de l’œuvre de Dieu. C’est ainsi que les rédemptoristes, pères ou frères, à travers des tâches complémentaires et variées, se présentent comme des semeurs d’espérance au service de l’Église.
Il serait intéressant de voir comment a germé cette espérance particulièrement au Québec. C’est à travers le culte et la dévotion envers la « bonne Sainte Anne » que s’est le plus affirmée la présence des rédemptoristes en sol québécois. Nous savons que les premiers rédemptoristes sont arrivés à Sainte-Anne-de-Beaupré en 1878. Leur première mission fut de prendre la relève des prêtres diocésains au sanctuaire de Sainte-Anne qui existait déjà. Un lieu rendu très populaire par les « grandes merveilles » que dispensait Sainte Anne. Sa réputation était telle qu’elle se propagea de façon exponentielle à travers le monde. Aujourd’hui, le nombre de pèlerins affluant à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré ne se compte plus.

Dans l’histoire de la communauté, une figure se détache en surbrillance. C’est celle du vénérable Alfred Pampalon. Personnage extraordinaire qui a illustré de façon magnifique, à travers son apostolat et ses vertus éminentes, la vocation rédemptoriste. Appelé familièrement « la brebis du bon Dieu », il fut certainement l’un des plus illustres représentants de la communauté. Être le bon pasteur, comme Jésus dans l’Évangile, telle a été la mission qu’il incarna à un haut degré de sainteté, au point que l’on disait de lui qu’il était « traversé par la lumière du Christ ». Aussi l’appelait-on familièrement le « bon père Alfred ».

L’action des rédemptoristes s’est aussi particulièrement illustrée à travers les « annales de la bonne Sainte Anne », comme on l’appelait à l’époque. Nous nous contenterons d’un simple rappel ici, car le précédent numéro de la revue portait sur le sujet. Disons simplement que la revue continue l’œuvre des rédemptoristes, qui emprunte des voies aussi diversifiées que la pastorale des malades et des bien portants, celle de la parole et de l’écoute (counseling), celle des arts sacrés et religieux. Nous pourrions allonger facilement la liste des engagements qui définissent le ministère d’espérance qu’exercent les rédemptoristes et qui les place, pour très longtemps encore, dans l’horizon du temps.

Je termine ce court éloge, en remerciant la communauté pour sa riche présence parmi nous, laquelle, malgré les épreuves qu’elle a traversées, demeure l’une des plus importantes institutions religieuses au Québec et dans le monde.


Musique par Lucie Ricard 

Les Mots

Notre Troubadour du Seigneur, Robert Lebel, fait une petite pause ce mois-ci et je me suis portée volontaire pour vous dénicher une chanson qui rendrait un peu hommage aux mots, aux phrases, aux écrits des 120 dernières années, publiés dans votre Revue Sainte Anne sous la supervision des rédemptoristes. 

À ma grande surprise, celle que j'ai trouvée et qui fait le plus bel hommage aux mots a été écrite par Renaud, ce chanteur français controversé par ses chansons souvent engagées et très politisées mais qui apparemment, avec l'âge, s'est assagi. (...)


Conversation inédite, par Richard L’Archer

Jésus et Alphonse dans un jardin céleste

À l’aube, si l’on souhaite parler à l’un ou l’autre, tous savent où les trouver; ils marchent toujours dans ce même jardin à moins qu’ils ne soient assis sur un banc de ce parc et ils jasent, ils s’écoutent, ils prennent le temps d’apprécier l’éternité. Si les matins paraissent tous semblables, ce n’est qu’illusion. Certes, ils sont éternels, mais toujours vécus dans une communion grandissant et changeante. Permettons-nous d’épier pour bénéficier de leur partage du jour... (...)



Destinations Par Valérie Andrée Authier

Naples

La ville qui a vu naître en 1696 Alphonse Marie de Liguori, fondateur de la congrégation du Très Saint Rédempteur.

Capitale de la région de Campanie et troisième ville d’importance après Rome et Milan avec un peu plus de 970 000 habitants, Naples est située en bord de mer au sud-ouest de l’Italie à mi-chemin entre deux volcans (Vésuve à l’est et Champs Phlégréens à l’ouest). Jadis mal-aimée pour sa malpropreté, son chaos et sa redoutable Camorra (mafia napolitaine), il fait aujourd’hui bon visiter cette belle méditerranéenne exubérante et chaleureuse aux patrimoines historique et culturel d’une richesse inestimable. (...)


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